Qu'est-ce que l'esplanade des Invalides
C'est le grand rectangle de pelouses qui sépare l'hôtel des Invalides de la Seine, dans notre arrondissement. Elle mesure 487 mètres de long sur 275 de large, commence à la place des Invalides et finit au quai d'Orsay, et sa seule fonction, depuis le début, est de dégager la vue sur la façade nord de l'hôtel des Invalides. C'est une perspective, pas un parc d'agrément, et cela explique pourquoi elle paraît si vide quand on y arrive par le côté.
Beaucoup de nos clients traversent l'esplanade sans la regarder, en allant du pont Alexandre III au dôme. C'est dommage, parce qu'elle a une histoire plus curieuse que le monument qu'elle encadre.
Un potager, au départ
L'esplanade a été créée pour que les anciens combattants y cultivent des légumes. Entre 1704 et 1720, la partie du Pré-aux-Clercs qu'on appelait alors les Prés-Saint-Germain a été transformée, d'après les plans de l'architecte Robert de Cotte, en une vaste place rectangulaire semée de gazon et bordée de plusieurs rangées d'arbres. L'idée affichée était double : donner un potager aux invalides de guerre, et leur permettre d'y rencontrer les Parisiens, pour qu'ils ne restent pas reclus malgré leur handicap.
L'esplanade s'arrêtait alors à la rue de l'Université. Un arrêt du 4 décembre 1720, destiné à améliorer le quartier du Gros-Caillou, l'a prolongée vers le nord jusqu'au quai d'Orsay, dans les dimensions qu'on lui connaît aujourd'hui. Son centre était marqué par le croisement de deux voies, l'avenue des Invalides, devenue l'avenue du Maréchal-Gallieni, et la rue Saint-Dominique. Ce rond-point a accueilli la fontaine des Invalides entre 1804 et 1840.
Le nom, lui, n'a rien d'énigmatique : la voie porte le nom de l'hôtel des Invalides auquel elle mène.
Ce qu'il faut regarder en marchant
Trois choses, et elles sont toutes du côté sud, vers le monument.
Les mails de tilleuls argentés. Ils longent les six parterres de gazon latéraux et encadrent la perspective. C'est eux qui donnent à l'esplanade sa forme d'allée plutôt que de place.
La grille d'entrée et ses deux pavillons. Une grille monumentale sépare l'esplanade de l'avant-cour, défendue par des fossés. Visconti a fait élever deux petits pavillons de pierre pour l'encadrer : celui de gauche était destiné au portier, celui de droite au corps de garde. Ils sont toujours là et personne ne les remarque.
Les canons. Sur le terre-plein des fossés, on a disposé un grand nombre de canons anciens pris à l'ennemi, dont les dix-huit pièces de la Batterie triomphale. C'est le détail qui intéresse le plus les enfants, et il est gratuit, ce qui ne gâche rien avant d'acheter des billets pour le musée.
Et si vous arrivez un jour d'investiture présidentielle, vous comprendrez à quoi sert vraiment ce grand vide : c'est sur l'esplanade que la batterie d'honneur de l'artillerie française tire la salve de 21 coups de canon.
Les grandes dates qui s'y sont jouées
L'esplanade a servi de scène à des événements que les livres d'histoire racontent sans toujours préciser où ils se passaient.
| Date | Ce qui s'y est tenu |
|---|---|
| 10 août 1793 | La fête révolutionnaire, pour laquelle une statue géante et éphémère du peuple français en Hercule est élevée au centre de l'esplanade |
| 1806 | L'Exposition de l'industrie |
| 15 décembre 1840 | La cérémonie du retour des cendres de Napoléon, l'esplanade bordée de gradins |
Le retour des cendres est celui qui se visite encore, puisqu'il se termine sous le dôme, où le tombeau est ouvert au public.
Notre conseil de parcours
Nous conseillons d'arriver par le nord, c'est-à-dire par le quai d'Orsay et le pont Alexandre III, et de marcher vers le dôme plutôt que l'inverse. La façade nord se découvre alors progressivement sur 487 mètres, ce qui est exactement l'effet que Robert de Cotte cherchait. Dans l'autre sens, vous tournez le dos au monument pendant tout le trajet.
Comptez le détour comme une promenade et pas comme une visite : il n'y a rien à payer, rien à réserver, et l'esplanade est un espace ouvert. Gardez la visite payante pour l'hôtel des Invalides lui-même, dont nous avons détaillé les horaires, les tarifs et l'ordre de visite dans une autre page.
Pour venir, la station Invalides, desservie par les lignes 8 et 13, se trouve à l'extrémité nord, du côté du quai. Nous sommes de l'autre côté, avenue Duquesne, et c'est l'une des raisons pour lesquelles nous envoyons si souvent nos clients de ce côté-là en fin de journée : c'est le dégagement le plus large du quartier.
