Ce que c'est, en une phrase
Le pont Alexandre III est le pont en arc d'acier qui relie l'esplanade des Invalides, de notre côté de la Seine, au Grand Palais et au Petit Palais sur la rive d'en face. Il mesure 152 mètres de long et 30 mètres de large, ce qui en fait une traversée courte : vous la faites en quelques minutes, même en vous arrêtant.
Nous en parlons souvent à la réception, et presque toujours pour la même raison. Les clients nous demandent comment passer rive droite depuis les Invalides, s'attendent à une réponse en numéros de métro, et repartent avec un pont.
Pourquoi il existe, et pourquoi ce nom
Il a été construit pour l'Exposition universelle de 1900 et inauguré le 14 avril de cette année-là, après trois ans de chantier commencé en 1897. Son nom vient du tsar Alexandre III, et il commémore l'alliance franco-russe signée en 1891 par le président de la République Sadi Carnot et le tsar. C'est donc, à l'origine, un objet diplomatique autant qu'un ouvrage d'art : un pont offert comme on offre un discours.
Cela explique la décoration, qui surprend toujours ceux qui arrivent en s'attendant à un pont parisien ordinaire. Il n'est pas discret, et il n'a jamais cherché à l'être.
L'ouvrage est signé des architectes Joseph Cassien-Bernard et Gaston Cousin, et des ingénieurs Jean Résal, Amédée Alby et Joseph Grison. La performance technique de l'époque tient dans sa platitude : franchir la Seine d'un arc très surbaissé, pour ne pas masquer la perspective entre les Invalides et les Champs-Élysées. C'est pour cela que le pont semble posé à plat sur l'eau plutôt que bombé.
Son statut aujourd'hui
Il est classé monument historique depuis 1975, et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1991 au titre de « Paris, rives de la Seine », c'est-à-dire au même titre que l'ensemble des berges que vous longez en marchant depuis chez nous. Ce n'est pas un détail administratif : c'est la raison pour laquelle le secteur a été préservé tel quel, sans voie rapide ni mobilier moderne.
Il n'y a ni billet, ni horaires, ni file d'attente. C'est une rue.
Par où l'aborder, et quand
Abordez-le par l'esplanade des Invalides, c'est-à-dire depuis notre rive. La raison est simple : en arrivant par la grande perspective ouverte de l'esplanade, vous voyez le pont de loin, dans son axe, et il grandit. En arrivant par l'autre bout, vous êtes dessus avant de l'avoir vu.
Pour l'heure, nous conseillons la fin d'après-midi. La lumière rasante prend les dorures, et les groupes se sont déjà déplacés vers la tour Eiffel pour la soirée. Le milieu de matinée fonctionne aussi, surtout hors saison. Le créneau que nous déconseillons, c'est le milieu de l'après-midi en été : la pierre blanche et le métal doré renvoient une lumière dure, et vos photos seront laves.
Un conseil de cadrage, puisque c'est la première chose que l'on nous demande : ne photographiez pas depuis le pont. On n'y voit pas le pont. Descendez sur le quai en contrebas, rive gauche, et prenez-le de biais. Vous aurez l'arc, les pylônes et l'eau dans la même image.
Ce qu'il y a de l'autre côté
Le pont arrive entre le Grand Palais et le Petit Palais, les deux halls d'exposition construits pour la même Exposition universelle de 1900, qui se font face de part et d'autre de l'avenue Winston-Churchill. Notre avis : si vous ne faites qu'une chose, regardez-les depuis le milieu du pont avant de traverser complètement. Vus de là, on comprend qu'ils ont été dessinés comme un ensemble avec lui, ce qui n'apparaît pas quand on arrive par la rive droite.
Ensuite, soit vous continuez vers la rive droite, soit vous revenez. Nous recommandons souvent de revenir, et de prolonger par les quais rive gauche en direction du musée d'Orsay. C'est l'enchaînement le plus agréable du quartier en fin de journée, et il vous ramène vers nous sans métro.
Depuis chez nous
Nous sommes au 5 avenue Duquesne, dans le 7e, du même côté que l'esplanade des Invalides. C'est la promenade que nous décrivons le plus souvent le soir, quand on nous demande quoi faire après avoir rendu la chambre ou avant de dîner : les Invalides, le pont, les quais, le retour. Rien à réserver, rien à payer.
